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Idées Vagabondes: Friday Night Lights.


Sophie Auzerau est une expatriée au Texas. Sur son blog, Des idées vagabondes, elle nous présente cet état à travers sa vision de française. Elle a eu la gentillesse d'accepter notre proposition d'écrire pour Dallas Cowboys France une série d'articles autour du Texas et du Football. Dans ce deuxième article elle nous parle du match du vendredi soir. Ce match du vendredi qui a donné son nom à un livre qui a donné un film et inspiré une série. Vous avez peut-être vu la série ou le film, le livre n'a aucun secret pour vous. Texas Forever.



Au Texas, il y a deux choses importantes: la religion et le football. Survole en avion le Texas un Vendredi soir et il y a de fortes chances que le ciel soit éclairé par tous les terrains de foot de l'état qui vibrent au son des Bands déchaînées.


Tom Landry approuve ce message. 
Dès leur plus jeune âge, les gamins peuvent être initiés au sport national texan. A l’école élémentaire, on leur apprend à jouer au flag football et en grandissant ils entrent dans l’équipe de la Junior High
puis de la High School et finalement à l’université. A l’époque où les Cowboys n’étaient pas au mieux de leur forme, j’ai même entendu des gars dire qu’ils arrêtaient de les suivre parce que le College Football, « c’est quand même moins décevant et tout autant spectaculaire ».

J’ai compris l’importance des matchs, lorsque mon fils est entré dans la Band en 8th grade (le niveau 4e en France). La Band et l’équipe de football sont indissociables. Pour chaque école, à partir du Junior High, il y a une équipe de football et une Band. Chaque collège, lycée et université a son équipe de foot et chaque équipe de foot a sa Band. Dans l’équipe de foot, tu retrouves pêle-mêle, les passionnés qui veulent participer, ceux qui espèrent décrocher une bourse, ceux qui
tentent sans trop y croire.

Dans la Band, tu retrouves les musicos un peu rêveurs, bons élèves souvent perçus comme des nerds. Mon fils rentre dans cette catégorie-là et crois-moi, il n’en éprouve aucun complexe. Il passe ses
après-midi dans le Band Hall à jouer et répéter avec ses potes et se doute qu’avec son petit gabarit il n’aurait pas fait long feu sur un terrain. Quand on voit certains gars de niveau 3e arriver avec une
barbe de trois jours, gaulés comme Witten, t’as pas vraiment envie que ta progéniture aille sur le terrain, même si elle court vite…

Ici, la motivation ça doit se passer de père en fils parce qu’ils naissent avec dans le sang: ça me fait penser à ma copine texane qui m’a raconté que son cadet jouait quand il avait 8 ans. Il est tombé avec la balle sous le bras, « la blessure classique », l’humérus éclaté. Son ainé, lui, jouait dans l’équipe du lycée il y a deux ans. Un adversaire lui a mis un coup de genou dans la tête, il s’est relevé et a continué à jouer.

Le Lundi suivant, l’agressivité du gamin ne faisait plus de doutes et sa mère l’a emmené rapidement aux urgences où un traumatisme crânien a été décelé. Elle a 3 enfants athlétiques et espère bien que
l’un d’entre eux décrochera une bourse d’entrée à l’université grâce à ses talents sportifs.

Ceci dit, c’est sexiste de dire que le foot est un truc de mec. C’est faux, les femmes sont aussi fans que les hommes. J’ai une autre copine dont le mari refusait catégoriquement que son fils joue au football à cause des risques. A la première occasion, le fiston s’est inscrit avec le soutien de sa mère. Dans sa famille à elle, le foot, c’est sacré, même si son propre frère à l’avenir prometteur y a laissé ses vertèbres et sa carrière.

Pour ma part, je me suis prise au jeu lorsque les parents des joueurs de la Band ont été conviés aux premiers matchs. Je te l’ai dit, ici, l’un ne va pas sans l’autre. Le Jeudi soir, les Junior High jouent, le Vendredi ce sont les High School, le Samedi, les Universités. Je regardais déjà les Cowboys
jouer, mais étant la seule de la famille à regarder, c’était un peu difficile: non seulement au début, je ne comprenais rien aux règles, mais en plus, l’ambiance bière-guac est moins festive en solo.

Lors des premiers matchs de l ’école, en bonne mère méditerranéenne, je regardais surtout mon fils et j’avais envie de crier à tout le monde, « le petit bouclé à la trompette, c’est mon fils! », sauf que mes voisins de gauche, c’était les parents des percus' et à droite, ceux de la flûte. Alors je me suis intéressée à ce qu’il se passait sur le terrain. J’ai compris que les gamins ne faisaient pas semblant.
Même si ils avaient emprunté le stade de Trinity HS, le lycée, il y avait du potentiel. A cet âge, les gamins n’ont peur de rien et n’hésitent pas à imiter leurs ainés. Et c’était un peu effrayant.

En Amérique, quand tu joues au foot et que tu te plains en te contorsionnant au sol, c'est que tu ne te relèveras plus jamais. Ou presque. Sinon, en boitant. Pour toujours. Donc, tu vas voir un match un peu comme les Romains allaient aux jeux du cirque. Sauf, que les perdants ne sont pas achevés à la fin. Mais sinon, c'est tout pareil, on crie, on mange, on regarde nos tablettes.

Je ne connais pas la plupart des gamins qui courent sur le terrain mais je crois bien être la seule à faire des grimaces de douleur à chaque fois qu'il y a un plaquage un peu sauvage. En plus, avec leur
carapace, tu as les bruitages, tu ne sais pas si ce sont les gars qui s'entrechoquent, des os qui craquent, ou mes dents qui claquent de terreur.

A mon premier match, deux joueurs de l'équipe adverse se sont  retrouvés au sol de longues minutes. J'imaginais l'angoisse de leurs parents, dans ce stade silencieux, où l'on honore ceux qui tombent
dans un silence de plomb. Les joueurs et les Cheerleaders des deux  équipes mettent un genou à terre, la Band se tait et l'on attend de voir où le gamin a mal. Quand il se lève, c'est sous un tonnerre
d'applaudissements qu'il est raccompagné sur le banc. Comme je te l'ai  dit, un joueur de football au sol, c'est un mec qui souffre. Ce n'est pas du soccer, notre bon vieux foot européen, pour lequel les joueurs sont aussi bons acteurs que joueurs. 

Dans notre ville, l'équipe de foot de Trinity High School, les Trojans, a été classée numéro un au niveau national et a même fait la première page du Wall Street Journal. Ils ont participé à une pub Gatorade, diffusée au niveau national. Pour te donner un aperçu de notre lycée et de la rage qui anime nos joueurs, sache que 48% des élèves sont « économiquement désavantagés », politiquement correct pour te dire  que certains gamins ne mangent pas à leur faim. Je le crois aisément
depuis que j’ai vu la maitresse de ma fille collecter les restes d’une
fête d’école et les donner à certains élèves en douce. Quand ceux-ci
demandaient « Mais on va dire quoi aux autres? » Elle disait : « Disleur
que tu es mon préféré! » 

Dans notre lycée, la mixité ethnique est une force, viens à un match et tu comprendras ce dont je parle. Il y a une grande communauté Polynésienne dans notre comté. Ils ont un tempérament de feu, et font le spectacle. Leur petit truc en plus, outre leur talent, c'est le Sipi Tau. C'est une sorte de Haka pour simplifier. Sauf qu'en réalité ce sont des danses de guerre des Iles Tonga.

Pendant la saison, on essaye de ne rater aucun match et même si la dernière saison de Trinity a été moins convaincante, façon polie de dire qu’ils ont sérieusement foiré, on s’est quand même régalé. On a assisté à des matchs assassins contre des écoles privées de Dallas, j’te rappelle que j’habite la banlieue de Fort Worth, et il s’agissait de luttes fratricides. L’équipe des « Jesuits » de Dallas a littéralement écrasé notre équipe. J’te livre l’explication donnée par les parents qui m’a
bien fait rire: « Les Jesuits? C’est une école de garçons! Quand tu ne vois pas une fille de la semaine, évidemment que tu as de l’énergie pour les matchs! », « Une école privée à 20.000$ l’année, ils peuvent gagner ».


Voilà comment au détour d’un air de trompette, je suis tombée dans la football. J’ai appris les règles en glanant les infos auprès des parents assis près de moi tout en constatant que des fois, ils n’avaient pas d’explication valable non plus. Pas grave, même sans connaitre toutes les règles, le spectacle est intense sur le terrain et dans les tribunes. Un match de foot ici, c’est toute la ville qui se déplace, des personnes âgées aux bébés, c’est la pep music assourdissante de la Band qui rythme chaque période du match et les Cheerleaders qui s’agitent pour combler les arrêts de jeu.


DCF: On espère que cet article vous a fait vivre un peu de ces matchs du vendredi soir. On peut que vous conseillez de voir le film et la série Friday Night Lights et de lire le livre. ça vous ferra travailler votre anglais. Vous pouvez trouver un autre article sur le football sur le blog de Sophie ici. Pour nous faire patienter d'içi le troisième article nous auront la draft dans la nuit de jeudi à vendredi. 



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